Le Portage : Service de repas à domicile pour seniors et personnes à mobilité réduite

Qu’est ce que le portage à domicile ?

Le Portage à domicile ou les services de repas à domicile permettent aux personnes qui se déplacent difficilement de pourvoir continuer à manger de « bons petits plats » équilibrés chez eux, sans avoir à cuisinier ni à faire les courses.
Ce sont sans aucun doute tous les «petits plus » apportés par les services à la personne et les personnes qui les composent, qui transforment une simple « livraison » à domicile en prestation de « portage », où le moment du repas tant attendu permet d’échanger quelques minutes avec l’invité du jour, de prendre et de donner quelques nouvelles.
Les offres de portage doivent non seulement placer les attentes des personnes âgées ou à mobilité réduite au centre de leurs préoccupations mais aussi contribuer en plus d’un bon repas a aiguiller leur quotidien.
Avant d’essayer de vous éclairer un peu plus sur la prestation de portage pour seniors et personnes à mobilité réduite, nous vos proposons de faire un état des lieux du contexte démographique, médical et sociologique dans lequel nous nous trouvons pour vous montrer que ces services peuvent avoir une réelle utilité dans la lutte contre la dénutrition et l’isolement.

 

 

Notre contexte démographique et l’isolement

Selon l’Insee, la France comptera 73,6 millions d’habitants en 2060 (soit 11,8 millions de plus qu’aujourd’hui). La part des 60 ans ou plus dans la population, va augmenter jusqu’en 2035, passant de 21,7% à 31% et devrait continuer à croitre après 2035. Pour les plus de 75 ans (qui étaient 5,2 millions en 2007), ils seront 11,9 millions en 2060 (soit environ 16 % de la population française).

D’après des prévisions intermédiaires, le nombre de personnes dépendantes devrait, lui, doubler d’ici 2060. (Groupe de Travail Dépendance 2011)

En 2010, selon Les Petits Frères des Pauvres: 16% des personnes de plus de 60 ans étaient en situation d’isolement objectif, c’est-à-dire qu’elles déclaraient avoir des relations personnelles (cadre familial, amical, professionnel, associatif et réseau de voisinage inclus) une à deux fois par an seulement.

25 % des personnes de plus de 75 ans souffrant d’un handicap invalidant sont en situation d’isolement objectif.

 

Notre contexte médical et la dénutrition

Selon la Haute Autorité de Santé (HAS) dans sa recommandation de 2007, la prévalence de la dénutrition est élevée dans la population âgée : elle serait de 4 à 10 % chez les personnes âgées vivant à domicile, de 15 à 38 % en institution et de 30 à 70 % chez les personnes âgées hospitalisées.

Les facteurs nutritionnels ont un rôle déterminant pour limiter la survenue des pathologies liées au vieillissement et donc les pertes d’autonomie chez la personne âgée.

La diminution du goût, de l’odorat, de l’appétit, de la sensation de soif, une digestion ralentie, une sécrétion salivaire diminuée,un mauvais état bucco-dentaire, mais aussi la fonte musculaire liée à des modifications du métabolisme, exposent les personnes âgées à un risque de dénutrition, mais ce n’est en aucun cas le vieillissement en lui-même qui peut être considéré comme la cause d’une dénutrition.
La dénutrition ne s’installe que lorsque le vieillissement s’accompagne de pathologies inflammatoires ou dégénératives, de conditions d’environnement défavorables, ou de difficultés psychologiques.
Il est donc indispensable d’être attentif aux situations à risque, celles qui sont responsables d’une diminution des apports alimentaires et/ou d’une augmentation des besoins énergétiques.
Au rang des facteurs socio-environnementaux, on retrouve : les revenus financiers insuffisants, les difficultés d’approvisionnement à domicile, la pauvreté du lien social et l’isolement.
Chez les personnes vivant seules par rapport aux personnes en couple, il y a une augmentation d’environ 22% de la perte d’appétit et de la dénutrition.

57% des personnes âgées de plus de 70 ans vivent seules (CREDOC 1998).

Prévenir la dénutrition est l’affaire de tous : sensibilisation des personnes elles-mêmes, des familles, des soignants, des sociétés chargées de la préparation et du portage des repas. Il s’agit d’assurer une alimentation adaptée en termes qualitatifs et quantitatifs, de favoriser le plaisir de manger par une alimentation équilibrée et variée qui répond aux besoins et goûts de chacun (la monotonie alimentaire aggrave la diminution du goût et du plaisir alimentaire), de respecter au mieux les habitudes horaires de chacun, de veiller à ce que la personne puisse effectivement manger son repas, en lui apportant les aides humaines et techniques nécessaires, et de favoriser l’activité physique, parce que bouger sans manger n’empêche pas le muscle de fondre. (Source : texte de Geneviève Ruault, Société française de gériatrie et gérontologie)

 

Notre contexte sociologique

L’espérance de vie augmente. Une bonne alimentation qui accompagne le vieillissement participe à cette augmentation de l’espérance de vie mais il est nécessaire de comprendre son importance socioculturelle et plus particulièrement chez nos aînés.

  • Se nourrir de façon équilibrée est la première nécessité, celle qui confère à l’alimentation sa fonction vitale et biologique (vivre, penser et agir…),
  • Se nourrir c’est aussi s’inscrire dans une dimension affective qui mobilise nos expériences d’apprentissage gustatif, de préférences et de dégoûts, de souvenirs de bien-être avec ses proches ou avec des groupes où l’on exprimait des émotions,
  • Se nourrir, c’est encore affirmer, parfois à son insu, des appartenances socioculturelles. Elles sont liées aux catégories sociales (les catégories populaires âgées ont une préférence pour le « nourrissant consistant », les viandes en sauces et les fritures), au niveau culturel (plus il est élevé, surtout chez les femmes, plus la part végétale du plat est valorisée), à l’âge (certaines textures peuvent être difficiles à manger pour des problèmes de mastication et de déglutition), ou la génération (les moins de 75 ans acceptent plus volontiers de ne pas cuisiner leur repas puisqu’ils mangeaient souvent hors domicile), à la région (charcuteries fumées de l’Est, beurre salé, etc.),
  • Se nourrir exprime une dimension symbolique. L’aliment est alors perçu comme mangeable ou non, avec des interdits, des recommandations, mais aussi des rituels régissant son partage, des manières de le consommer, d’en parler… Autant de mécanismes qui construisent des identités sur lesquelles reposent notre personnalité,
  • Se nourrir permet ainsi de communiquer avec les personnes qui partagent le repas dans le même espace et/ou, d’une façon plus virtuelle, en réactivant des souvenirs gustatifs, en associant l’aliment à un territoire ou en imaginant celles et ceux qui ont participé à sa confection. Appréhender cette complexité de notre alimentation est indispensable. C’est un outil permettant d’agir sur l’équilibre nutritionnel, le plaisir de manger et le maintien d’un lien social et des identités qui s’y fortifient. Efforçons-nous de maintenir le lien social à travers le portage du repas et le partage, même « éphémère » qui s’y associe ; valorisons et respectons les préférences et les plaisirs gustatifs.

On observe souvent que les personnes âgées diminuent considérablement leurs apports alimentaires lorsqu’elles sont seules.

Lorsque l’on rend visite à nos aînés, ouvrons le réfrigérateur pour vérifier son contenu et le rythme des consommations. Veillons à construire des micro-rituels d’appropriation sans transformer le mangeur âgé en en assisté passif. L’idéal est de pouvoir provoquer de véritables convivialités autour d’un repas partagé ou d’un dessert, voire d’un goûter. (Source : texte de Jean- Pierre Corbeau, sociologue de l’alimentation)

 

Le portage de repas : comment ça marche ?

De manière générale, le choix des menus se fait par concertation avec la personne âgée ainsi que ses proches à partir de propositions communiquées par le service de portage toutes les semaines, le nombre de repas souhaité peut également varier.

Ces repas peuvent être adaptés aux besoins en cas de régime particulier (par exemple régime sans sel, sans sucre, mixés …)

Les repas sont généralement livrés sous forme de plateaux-repas transportés dans des véhicules frigorifiques (prévus pour être réchauffés la plupart du temps au micro-ondes). Pour les repas servis le week-end, ils sont la plupart du temps livrés le vendredi.

Les repas peuvent également être directement préparés par une auxiliaire de vie au domicile de la personne.

 

A qui s’adresser et quel est le coût ?

Plusieurs types d’organismes sont susceptibles de proposer un service de portage de repas à domicile :

Renseignez-vous auprès de votre commune ou du point d’information local. Pour trouver les coordonnées de votre point d’information local, consultez lannuaire du portail.

Les coûts sont variables en fonction des organismes, tant pour le repas lui-même, que pour le portage. Certaines communes, en fonction des ressources du bénéficiaire, participent au financement du portage. L’APA (allocation personnalisée d’autonomie) peut également aider à financer une partie des frais de portage de repas.

Si vous souhaitez faire appel à :

  • Une entreprise privée (Société de Services): Il faut généralement compter entre 10 € et 12 € par repas (livraison + plateau). L’avantage est la grande souplesse offerte à la personne âgée (choix des menus, les jours et heures de livraison etc…). Ce service peut être en partie financé par l’APA.
  • La collectivité locale: Les tarifs varient alors en fonction du quotient familial et des ressources de la personne. Les prix sont fixés chaque année par le Président du Conseil Général. Pour toute demande il faut contacter le C.C.A.S, le C.I.A.S ou la Mairie de la commune du domicile de la personne qui en fait la demande.
  • Une association: Il existe également des associations de services à la personne qui proposent le portage de repas à domicile.

 

Le portage à domicile pour qui et pourquoi ?

Le portage à domicile est destiné aux personnes dont l’état de santé ne permet plus de se préparer leur repas. Des dispositifs d’aide sociale peuvent permettre alors de bénéficier d’une prise en charge à ce niveau. Ces services sont effectués sous forme de portage de repas à domicile ou d’accès à un foyer restaurant.
Le portage de repas à domicile est un service qui s’adresse aux retraités et aux personnes handicapées qui sont dans l’incapacité de se déplacer ou de préparer leurs repas.
Le Foyer restaurant présent dans certaines communes propose un service où les repas sont pris sur place.

Cependant, tous ces services restent accessibles sous certaines conditions :

  • Conditions de dépendance : Cette prise en charge est possible si votre état de santé ne vous permet pas de faire vous-même la cuisine, ni vos courses.
  • Conditions de ressources : Cette prise en charge des repas est financée par le département, en partie ou en intégralité, si vos ressources mensuelles sont : inférieures à 803,20 € si vous vivez seul, et inférieures à 1 246,97 € si vous vivez en couple. Si vos revenus sont supérieurs à ces montants, renseignez-vous auprès de votre caisse de retraite, qui peut également vous proposer cette prise en charge. (Données vérifiée le 01 avril 2017 – Direction de l’information légale et administrative, Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA))
  • Conditions d’âge : Vous avez droit à l’aide sociale financée par votre département si vous êtes âgé(e) d’au moins 65 ans, ou d’au moins 60 ans si vous êtes reconnu(e) inapte au travail.

Attention : si vous remplissez les conditions pour bénéficier de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) à domicile, les frais de portage de repas peuvent être pris en charge dans le cadre de cette allocation.

À défaut, si vous êtes retraité(e), vous pouvez peut-être bénéficier de l’aide proposée par votre caisse de retraite.

Le portage de repas s’avère souvent très utile pour les personnes dépendantes. Il peut être fait au quotidien ou de manière occasionnelle.
Le recours au portage peut être la conséquence directe d’un séjour à l’hôpital pour les personnes n’ayant plus les conditions physiques nécessaires pour préparer elle-même leur propre repas.

Améliorer l’alimentation des personnes âgées c’est non seulement s’intéresser au contenu de leur assiette mais également à tout ce qui fait d’un repas un moment agréable. Maintenir un lien social et cultiver le plaisir de manger participent à la prévention de la dénutrition et limitent la perte d’autonomie des personnes âgées.

Car cuisiner peut représenter un effort considérable pour les personnes âgées ! (Faire les courses, ne rien oublier, porter les sacs, ranger les courses, cuisiner, nettoyer la cuisine et les plats…)

Les repas portés sont adaptés et contrôlés. La plupart des repas apportés sont adaptés aux besoins des personnes âgées (contrôle de l’apport calorique par exemple). En effet certaines personnes suivent des régimes spécifiques adaptés à leur état de santé. La plupart du temps les menus sont établis par des diététiciens, pour offrir aux seniors une alimentation saine, en quantité suffisante et de qualité.

 

Un Bilan Globalement Positif

Suite à des entretiens individuels menés auprès des usagers des services de portage à domicile, le moment du repas porté est considéré comme agréable (pour 89% des sondés), la qualité du service est jugée globalement satisfaisante (60 à 96 %) et il y a une bonne prise en compte des demandes quand les bénéficiaires peuvent en exprimer. Les repas sont appréciés par près de 9 clients sur 10 qui jugent les portions comme suffisamment copieuses. Le mode de réchauffage des repas livrés froids (dans 90 % des cas) n’est pas un problème.

(Source : Guide d’amélioration du service de portage de repas à domicile pour les personnes âgées / Ministère des affaires sociales et de la santé & Ministère de agriculture de l’agroalimentaire et de le forêt)

 

 … Quelques points de vigilance à avoir …

Notamment sur la variété des plats (adaptés aux goûts, au habitudes et aux difficultés à mastiquer), sur le choix des menus proposés et la possibilité de remplacer un plat proposé par un autre si ce dernier ne convient pas.…

Sur le temps consacré à la livraison de la personne âgée ou handicapée (souvent assez court et il est rarement demandé si le repas précédent a été consommé, si ils ont besoins de conseils de préparation ou de conservation)

Cependant, même si les prestations de portage de repas à domicile sont un véritable service pour les personnes âgées qui souhaitent demeurer chez elles alors qu’elles ne sont plus capables de faire leurs courses ou de cuisiner, le recours au portage de repas à domicile ne doit pas être systématique.

Enfin, afin de ne pas précipiter la perte d’autonomie de la personne âgée, il se peut, dans certains cas, ne pas être pertinent de faire appel à se type de prestations lorsque la personne âgée ne peut plus faire ses courses mais peut encore cuisiner.

2017-11-02T23:59:06+00:00 octobre 23rd, 2017|portage à domicile, Séniors|